La "violence" psychologiques est définie par l'OMS de la manière suivante : "Il s'agit une violence affective, morale, mentale, ou émotionnelle comme des actes verbaux qui nuisent ou risquent de nuire au développement ou à l'intégrité d'une personne, sans qu'une violence physique ne soit mise en oeuvre directement".
Les principales manifestations sont le dénigrement, la ridiculisation, et l'infantilisation à l'âge adulte. Ensuite il y a les menaces et les intimidations; le dénigrement, la discrimination et le rejet; l'isolement , la manipulation et le contrôle coercitif (un schéma de domination, d'exploitation, et de manipulation répétés exercé au sein d'un couple, d'une famille, d'une classe, ou d'un travail dans le but de priver la victime de sa liberté, de son autonomie, de son identité et de ses droits).
Je rajouterais à ces violences une violence spirituelle dans les cas extrêmes. En effet, dans le cadre d'une relation avec une personne "perverse narcissique", la dimension de la violence va bien au delà des limites visibles. Je dirais qu'il s'agit ici d'un viol psychique avec pour objectif la mort psychique, émotionnelle, énergétique et spirituelle de la victime.
Les attaques sont insidieuses, extrêmement subtiles, invisibles et quasiment imperceptibles par la victime qui ne comprend absolument pas dans un premier temps à combien de niveaux elle est atteinte par ces violations répétées.
Les principales conséquences de la violence psychologique sur une victime sont une anxiété, dépression chronique, troubles du sommeil, troubles de stress post-traumatique (TSPT), agoraphobie, peurs irrationnelles, TOCS, troubles de l'hyper-développement, et une hyper-vigilance.
Mais cela peut entraîner des conséquences physiques : affaiblissent du système immunitaire, tensions physiques de toutes sortes, des maladies graves ou auto-immunes, et des problèmes de développement chez l'enfant.
L'unique souhait pour la personne qui inflige ces violences psychologiques est la fuite de ses propres schémas internes. Cet individu remettra sur sa victime tout le poids de ses incapacités personnelles.
La victime elle, a parfois été conditionnée dans son enfance à porter les difficultés émotionnelles et psychologiques d'une autre personne en particulier d'un parent. Elle a été "parentifiée" et a dû porter très tôt des responsabilités qui n'étaient pas les siennes. Cela est très insidieux et je parlerai ici d'une sorte de "contrat tacite" qui place une personne dans un rôle qu'elle n'a jamais demandé explicitement à jouer mais qu'elle a endossé par la force des choses. Cet enfant aura très souvent été dénié dans ses besoins et a donc appris à répondre à ceux des autres pour compenser ce manque et obtenir des "miettes d'amour".
Cela va se reproduire dans toutes les relations dans lesquelles il s'investira, car le schéma enseigné dans l'enfance a été : "sois une gentille petite fille, reste à ta place, sois discrète, ne te fais pas remarquer et surtout n'écoute pas ton intuition car elle te raconte n'importe quoi ". C'est à peu près le schéma de conditionnement d'une fille. Pour un garçon on ajoutera " un garçon ne pleure pas, il doit être fort en toutes circonstances". Dans les 2 cas il ya un déni émotionnel qui s'installe et une pression intense liée à une quête de perfection innaccessible. L'enfant très souvent se dissocie et adoptera une persona ( Cf Carl JUNG) : un masque social qu'un individu adopte pour répondre à ce que l'on attend de lui et qui peut être totalement à l'opposé de sa nature véritable.
L'enfant comprend très tôt que l'amour ici est conditionnel et qu'il va devoir mériter l'amour de son parent et partir en quête de celui-ci s'il veut un jour l'obtenir. Il place son parent sur un "piedestal" et se lance dans une poursuite d'amélioration de lui-même, prenant tout ce que son parent lui transmet pour "argent comptant", car selon lui tout adulte représente le savoir et la sagesse. L'objectif ici étant pour le "parent" d'être admiré et d'endormir la "conscience" de l'enfant afin de le rendre dépendant voire co-dépendant ( l'enfant va se sacrifier pour son parent et nier sa propre existence voire son identité propre). Cela engendre des ravages sur la durée, sans que l'enfant n'en soit "conscient" à ce moment là.
Le but est que la victime perde totalement sa capacité de réflexion, son "libre-arbitre" et son discernement, et surtout qu'elle devienne incapable de se faire confiance et de faire confiance à ses instincts, à ses intuitions. C'est ce que j'appelle "l'esclavage émotionnel et spirituel". Plus l'enfant se sera senti enfermé dans ces cycles répétitifs, plus il pensera que c'est normal même si une petite "voix" au fond lui souffle que ça ne l'est pas.
La perversion ici c'est que l'enfant va apprendre très tôt à se dénigrer lui-même, à penser que son invisibilité est normale et comme on lui aura appris à se culpabiliser pour le moindre mécontentement, changement d'humeur, ou tristesse des personnes qui l'entourent, il ne saura plus différencier ce qui lui appartient ou ce qui appartient à autrui. C'est ainsi qu'il devient un empathe blessé, et qu'il va croire devoir être l'aidant, le protecteur des émotions d'autrui. Ainsi le bourreau n'aura pratiquement pas à intervenir de manière évidente puisque l'enfant ou la personne à l'âge adulte s'auto- sabotera lui-même, se dénigrera lui-même et s'auto culpabilisera lors de toute situation compliquée dans laquelle il se trouvera impliqué malgré lui.
Ce type de conditionnement d'un point de vue clinique constitue à lui seul un trauma qui dure dans le temps et est entretenu par des micro-traumas additionnés au trauma initial : avec des comportements psychologiques devenus normaux tels que des effets de sidération répétés lors de situations que le cerveau reconnaît du point de vue émotionnel comme "anormales ou injuste" mais que la personne va par automatisme placer dans la case "déni" ou "cela ne peut être vrai, ne peut pas exister".
Comme l'enfant a très tôt appris à bloquer ses propres perceptions, cela fige les informations et les souvenirs dans le cerveau l'imbrique, émotions et mémoire qui ne peuvent donc être traitées par le cortex cérébral. Toutes ces informations "non traitées" créent des réactions inadaptées voire dysfonctionnelles dans le système interne de la personne.
L'individu sait que quelque chose n'est pas normal mais il ne peut le comprendre de manière rationnelle, pragmatique et ancrée, car la compréhension normale des événements par le cortex préfrontal est désactivé.
Cela nous montre à plusieurs niveaux comment infliger des accusations sur une personne innocente devient facile et libérateur pour le bourreau qui est à ce moment là dégagé de toute culpabilité et de tout scrupules en particulier lorsque cette personne a un profil de "pervers narcissique, de psychopathe, ou de sadique" et a parfaitement conscience de ce qu'elle inflige à sa victime.
Le plus insidieux dans ce schéma est que le "bourreau" développera des capacités à mentir, à tromper et à se victimiser impossible à identifier et quasiment insoupçonnable pour le monde extérieur et ses proches.
Cela explique pourquoi même lorsque la "vraie victime" commence à réaliser ce qu'il se passe et à se réveiller de cet "état hypnotique" sort ou s'éloigne physiquement de la relation, l'emprise demeure et se poursuit. En effet, c'est souvent à ce moment là que commence la véritable guerre psychologique et spirituelle pour la "victime", car l'emprise est bien plus profonde qu'elle ne l'imagine surtout lorsque cette emprise fait partie de son conditionnement d'enfance.
Nous verrons dans un prochain article les dimensions de cette guerre insidieuse, sournoise et extrêmement libératrice pour la "victime" lorsqu'elle parvient enfin à reconnaître ce qui est acceptable, ou ne l'est pas et qu' elle commence à abaisser son seuil de tolérance à la souffrance infligée par le monde extérieur et qu'elle parvient à différencier ce qui lui appartient de ce qui revient aux autres.
Le coaching et la thérapie EMDR ( Eye Movement Desensitization and reprogramming) peuvent aider à effectuer ces prises de conscience , à sortir de ces schémas répétitifs et à créer de nouveaux chemins neuronaux fonctionnels. C'est une rééducation au niveau cellulaire et neuronale à laquelle nous nous s'employons lors de la sortie de l"amnésie traumatique créée par l'emprise psychologique.